De milieu très modeste, orphelin très jeune, Georges Eekhoud a été élevé dans une famille bourgeoise. C'est ainsi qu'il a commencé ses études à Mechelen (Malines) et les a poursuivies en Suisse, à l'institut Breidenstein. Cette dualité, comme la dualité linguistique, a fortement marqué sa vie et son œuvre. Attentif au mouvement littéraire parisien, Il n'y a pas un accès direct. Contrairement à ce qu'on dit souvent, il n'a rencontré Zola ou Paul Verlaine qu'une seule fois et toujours à Bruxelles, où ceux-ci étaient de passage. Installé à Bruxelles en 1880, Eekhoud devient rédacteur au quotidien L'Étoile belge et rejoint les fondateurs de la Jeune Belgique, revue à laquelle il participe activement.
C'est en 1883 que paraît son premier roman Kees Doorik, Scène de Polder. Son héros est déjà un de ces parias auxquels l'écrivain vouera toute sa sympathie. Dans Kermesses et surtout dans La Nouvelle Carthage, Eekhoud affirme son credo social, un intérêt esthétique pour les déshérités et une haine pour la bourgeoisie. Il reste fidèle à la définition qu'en donne Gustave Flaubert : « J'appelle bourgeoisie tout ce qui est de bas » et invente le concept de "belgeoisie". Il se souvient aussi des mots de Charles De Coster qui fut son répétiteur à l'École militaire : « Vois le peuple, le peuple partout! La bourgeoisie est la même partout ». De telles opinions le conduisent à quitter la Jeune Belgique pour rejoindre le groupe du Coq rouge. À la même époque, il se rallie aux idées de l'avocat Edmond Picard, franc-maçon, premier sénateur socialiste et également un antisémite virulent.
Ainsi, il participe en 1892 à la fondation de l'Art social avec Camille Lemonnier, Verhaeren et des leaders socialistes comme Emile Vandervelde. Il réalise également la partie littéraire d'un Annuaire pour la Section d'art de la Maison du Peuple.Il collabore pendant vingt ans au « Mercure de France » dont il est le correspondant pour la Belgique.
En 1899, il publie son roman Escal-Vigor, faisant scandale en tant que premier roman en littérature française belge à traiter ouvertement l'homosexualité.
En 1900, quelques mois avant le procès intenté à Georges Eekhoud, paraît dans les Annales des sexualités intermédiaires et en particulier de l'homosexualité, la revue dirigée par Magnus Hirschfeld, un long article en allemand intitulé « Georges Eekhoud. Avant-propos ». Il est signé Numa Prætorius. Son objectif est de présenter aux lecteurs l'œuvre de Georges Eekhoud. C'est une curieuse analyse, quasi nouvelle par nouvelle, de ce que les ouvrages de Georges Eekhoud peuvent contenir d'éléments correspondant à ce qu'on appellerait, aujourd'hui, la culture homosexuelle. Le dépouillement est long, minutieux et explicite ; l'article qui fait suite à celui-là dans le même numéro de la revue a pour titre « Un Illustre Uraniste du XVIIe siècle. Jérôme Duquesnoy, sculpteur flamand ». Il est rédigé en français et il est signé par Georges Eekhoud. Cet ensemble est suivi lui-même de deux articles peu connus de Eekhoud, parus dans la revue Akademos et de la traduction en français d’autres articles de Numa Praetorius sur Georges Eekhoud. On trouvera encore un curieux article de Eekhoud paru dans L'Effort Éclectique après le procès d'Escal-Vigor. Loin de revendiquer simplement la totale liberté de l’écrivain, Eekhoud situe Escal-Vigor et le procès auquel il a donné lieu dans une perspective historique et politique. Dans tous les articles réunis ici, Eekhoud parle de l’uranisme tandis que d’autres, avec son approbation, parlent de lui comme du grand écrivain, qui le premier parmi les modernes, a peint des uranistes avec sympathie et sensibilité.
Cependant, voir en Eekhoud un auteur naturaliste manichéen est aussi réducteur que de lui accoler les étiquettes d' écrivain « régionaliste » ou de peintre de l'homosexualité masculine. C'est oublier qu'il est avant tout un esthète aux goûts paradoxaux, un poète lyrique qui excelle dans l'évocation des ports ou des foules :
« À l'horizon, des voiles fuyaient vers la mer, des cheminées de steamers déployaient, sur le gris laiteux et perlé du ciel, de longues banderoles moutonnantes, pareils à des exilés qui agitent leurs mouchoirs, en signe d'adieu, aussi longtemps qu'ils sont en vue des rives aimées. Des mouettes éparpillaient des vols d'ailes blanches sur la nappe verdâtre et blonde, aux dégradations si douces et si subtiles qu'elles désoleront éternellement les marinistes. » (La Nouvelle Carthage)
[Wikipedia]
(less)
Sun, 19 Sep 2010 20:26:11 +0200
L'utilisateur ayant ajouté cet auteur a clairement cité Wikipedia comme source en bas de la biographie.
Sun, 19 Sep 2010 19:14:59 +0200
Je suis tout à fait favorable au travail sans objectif lucratif, à la mise en commun et à la mise à disposition. Mais on peut tout de même mentionner ses sources et non recopier mot à mot ce que les autres ont écrit. Ainsi pour le long passage qui concerne Un illustre Uraniste.. Jérôme Duquesnoy... Numa Praetorius... l'Effort Eclectique... qui recopie les pages 7 et 8 du petit ouvrage publié en 1996 par Question de Genre /GKC 34 et ce n'est qu'un tout petit exemple.... Mirande Lucien