Deville express

Patrick Deville est un homme pressé. Il espère travailler de plus en plus et de plus en plus vite. Il peste de ne pas avoir suffisamment de temps. Nous avons réussi à lui arracher quelques mots au téléphone à propos de Peste & cholera qui parait aux éditions du Seuil.

Depuis quand connaissez-vous Alexandre Yersin ?

Il y a quelques années, je l’ai découvert en travaillant sur Kampuchéa. En cherchant en bibliothèque, évidemment.

Pourquoi avoir ajouté choléra dans le titre ?

A cause de l’Allemagne et de Robert Koch que tout opposera à Pasteur.

Existent-ils encore des explorateurs en dehors des domaines scientifiques ?

Non bien sûr. Les atlas sont complets ainsi que Google Earth. Il n’y a plus vraiment d’explorateurs, de géographes.

Pourquoi voyagez-vous ?

Pour écrire des livres. Je voyage pour écrire des livres.

Etes-vous proche des idées de Yersin, de son individualisme, de son choix de ne pas faire carrière et de ne pas s’engager en politique ?

Non. Cette idée là je ne la partage pas. Il y a quelques années, j’ai écrit sur un esclavagiste dont je ne partageais pas les idées.
Par contre, je partage beaucoup d’autres idées de Yersin.

Alexandre Yersin méprisera longtemps les arts et traitera la littérature de foutaise. Etes-vous d’accord ?

J’espère démontrer le contraire.