Les gens sont fascinés par le corps humain et les proportions extrêmes qu'il peut atteindre


David Whitehouse

David Whitehouse

Couché

David Whitehouse est journaliste. Il a écrit pour le Guardian, le Sunday Times ou encore Esquire. Son premier roman, Couché, a été traduit en plusieurs langues et publié en France aux éditions Plon.

Le roman est raconté du point de vue du frère de Malcolm. Était-ce crucial pour le développement de son histoire ?

Oui, je pense que c’était crucial. Malcolm est un personnage tellement extraordinaire que, pour envisager la façon dont il s’intègre au monde qui l’entoure, on a besoin de le voir à travers les yeux de quelqu’un de normal. Et c’est tout à fait ce qu’est son frère : quelqu’un de normal. Il manque d’assurance, il est jaloux, il a des ambitions manquées et des amours sans retour, comme tout un chacun. C’est seulement en utilisant un personnage à qui le lecteur peut s’identifier que l’on peut raconter une histoire aussi romanesque que celle de Mal.

Vous avez écrit « Il ressemble à un énorme monstre marin capturé et présenté dans un musée victorien du grotesque », comme si, malgré sa personnalité et son physique hors-norme, il était toujours envié par son frère. Vous auriez pu choisir de susciter la pitié, pensez-vous que c’est une démarche trop facile ?

Mal n’a pas besoin d’être pris en pitié. Il a fait le choix lui-même. Il a toujours le contrôle de ce qui lui arrive. Son frère, le narrateur, est extrêmement envieux de Mal, de toute sa vie. Il veut être aussi courageux que Mal. Il veut être aussi spécial que Mal. Il veut même la petite amie de Mal. Les frères sont toujours jaloux l’un de l’autre à un certain point.

Dans les chapitres où Malcolm est dans son lit, les jours sont systématiquement numérotés. Pourrait-il s’apparenter à une sorte de Robinson Crusoé sur son île ?

Oui, je pense qu’il pourrait s’y apparenter. J’aime l’idée qu’il y a une horloge interne en chacun de nous. C’est une sensation assez étrange de s’asseoir et de se demander depuis combien de jours on est vivant. Je suis en vie depuis 11316 jours. Est-ce que j’ai vécu en accomplissant chaque jour quelque chose d’utile et d’important? Je ne sais pas.

Couché est votre premier roman, mais vous êtes à l’origine un journaliste. Pensez-vous que l’histoire de Malcolm, si elle était vraie, pourrait faire la une des journaux ?

Oui. Les journaux britanniques mettent toujours en avant des personnes hors-normes. Ils en font des documentaires qui ont beaucoup d’audience. Les gens sont fascinés par le corps humain et les proportions extrêmes qu’il peut atteindre, qu’il s’agisse de poids, de taille, de malformation… de n’importe quoi. Et l’obésité est un problème majeur.

Êtes-vous au courant que, sur certains forums et blogs de lecture, des personnes ont déclaré que votre livre avait été une source de motivation – au même titre qu’un livre de développement personnel ! Que cela vous inspire-t-il ?

Je n’étais pas au courant. C’est amusant. J’imagine que, si le livre devait être une source de motivation, il devrait inciter les gens à essayer de se bouger, de ne pas rester apathique.

Editorial reviews (3 reviews)


Whitehouse parvient à réanimer une vieille posture philosophique du renoncement, en faisant de son héros un Bartleby de la malbouffe.

Un jeune homme mange, dort et grossit… Couché, de David Whitehouse, est une fable aux accents tragicomiques.

C'est un chouette premier roman, intelligent, sensible, bien construit.