Tous les personnages vivent au sein d'un même paysage et ils sont liés tous ensemble par leur relation à ce paysage


Dianne Warren

Dianne Warren ©Don Hall

Cool Water

Cool Water est une révélation de la rentrée littéraire. Dianne Warren met en scène une galerie de personnages en proie aux difficultés de la vie quotidienne dans un paysage qui est à part entière un protagoniste de cette histoire.
Dianne Warren sera invitée au Festival America, qui se déroulera du 20 au 23 septembre 2012.

Comment avez-vous choisi les protagonistes de Cool Water ?

C’est difficile à expliquer, mais je ne me souviens pas les avoir choisis, j’ai commencé avec le personnage de Lee et les autres sont arrivés dans le roman au fil de mon écriture, alors que l’histoire avançait. Je commence toujours avec un personnage et il occupe mon esprit et mon imagination jusqu’à ce que je le ou la connaisse assez bien pour écrire et construire une histoire. Je savais assez tôt que le roman parlerait, en quelque sorte, d’une communauté, mais les autres personnages se sont vraiment développés au fur et à mesure, en même temps que l’histoire. Certains sont devenus plus importants que je pensais, et d’autres moins. Tous les personnages vivent au sein d’un même paysage et ils sont liés tous ensemble par leur relation à ce paysage. J’avais aussi en tête les gens qui vivaient à cet endroit en particulier il y a un siècle (des cow-boys et propriétaires de ranch), et comment cet éventail de personnages avait changé au cours d’un siècle.

Une longue balade à cheval structure ce roman choral qui comprend de nombreux récits de vie autour des grands thèmes que sont l’amour, la jalousie, l’adolescence, la responsabilité, les difficultés économiques. L’équilibre de ce roman a-t-il été facile à trouver ?

J’aime l’usage que vous faites du mot « équilibre ». C’était la chose la plus difficile au cours de l’écriture et de la relecture, mais aussi une des plus gratifiantes. C’était comme si j’étais en train de jongler, ou peut-être d’écrire de la musique, en essayant, tout au long du processus, d’atteindre un certain rythme. On m’a demandé pourquoi j’ai choisi d’écrire un roman avec peu d’intrigue, et cette question me perturbe à chaque fois, car je pense qu’il y a beaucoup d’intrigue, plusieurs intrigues. Peut-être que l’intrigue est traitée d’une manière différente afin d’atteindre cet équilibre régulier, plutôt que d’écrire en suivant un seul « arc » qui se développerait tout au long de l’histoire. La structure que j’ai choisie est en effet une question d’équilibre. (Merci pour cette question ! C’était très intéressant d’y réfléchir.)

Cette ville, Juliet, existe-t-elle ? Je l’imagine plus dans un état du sud des Etats-Unis qu’au Canada. Quid de ce paysage omniprésent dans ce roman ?

Il n’y a aucune ville du nom de Juliet dans le sud du Saskatchewan, mais il y a beaucoup de villes qui y ressemblent. Il y a un endroit du nom de Great Sand Hills, où je suis allée de nombreuses fois. Lorsque j’écrivais le roman, j’y suis allée quelque fois, juste pour me promener sur les dunes de sables et réfléchir au paysage. La terre au sud-ouest du Saskatchewan est composée d’herbages et est assez peu peuplée, tout comme les états du Mid-Ouest des Etats-Unis, comme les Dakotas et le Montana. Je suis d’accord sur le fait que le paysage est le point central du roman et je considère que la balade à cheval de Lee sur cent kilomètres est une strate narrative qui reflète le roman. Mon espoir était que la balade à cheval soit intemporelle, d’une certaine manière, puisque le paysage n’a pas changé en un siècle.

Finalement, le malaise se dénoue par la mort d’un protagoniste… mais non celui que le lecteur attend. Sans dévoiler la fin, le choix du métier du défunt est-il anecdotique alors que le monde est actuellement en crise économique ?

Il y a beaucoup de romans canadiens et américains qui parlent des faillites agricoles et du changement de petites fermes familiales à des opérations commerciales plus importantes. Je pense que c’est une question de viabilité. Le banquier d’une petite ville est la personne qui connaît les situations économiques de tous ses clients, et je pensais au fardeau que ce serait pour un individu empathique. J’ai récemment lu un article dans un de nos quotidiens nationaux dans lequel il est écrit que les auteurs de fiction s’attaquent rarement aux problèmes d’argent dans leurs romans, et j’ai pensé à Cool Water. Je ne dirais pas que la finance ou la crise économique est au coeur du roman, mais c’est lié. Le roman reflète deux époques de grand changement à Juliet : il y a cent ans, et maintenant. Le « maintenant » se construit sur des forces et des influences extérieures, et le monde de la finance n’y est sûrement pas étranger.

J’imaginerais bien Cool Water adapté au cinéma et projeté dans un drive-in. Qu’en pensez-vous ?

Il y a encore un drive-in en état pas loin de ma ville natale. L’écran surplombe les collines de pâturages et ce serait assez fabuleux de voir le même paysage projeté sur l’écran. Cependant, je ne peux pas vraiment imaginer Cool Water au cinéma à cause de tous les personnages et toutes les histoires. Mais c’est amusant d’y penser.

Editorial reviews (2 reviews)


Ce sont ces habiles et minutieuses descriptions qui ont soutenu mon intérêt pour un roman par ailleurs un peu lent.

L’écriture est belle, la galerie de personnages est intéressante et même bouleversante, de plus l’auteur nous promène avec bonheur dans la province de la Saskatchewan, faisant naitre des envies de voyage à dos de cheval !